Plantons le décor...

Lisbonne, capitale du Portugal avec plus de 500 000 habitants accueille le Web Summit depuis 2016. Un accord récent avec le gouvernement portugais confirme le lieu jusqu’en 2028, une véritable aubaine pour la ville, mais surtout pour les visiteurs qui ne manqueront pas d’apprécier le côté convivial de ses habitants.

Les jeux sont faits dans l’Altice Arena ou Césars et gladiateurs des temps modernes font le spectacle face à un public en transe. La ligne de code a remplacé le glaive, une foule affairée court dans tous les sens au rythme des speakeurs, le surréalisme n’est pas loin, tout comme la mince barrière qui sépare la décadence de l’innovation technologique.

Le Web Summit est-il une nouvelle Agora où les philosophes du web débattent ?

Ouvert par Tim Berners-Lee, cette édition 2018 revêt un aspect « Militant » avec une réflexion sur ce que devrait être le Web de demain. Les mots éthique, démocratie, partage sont sur toutes les lèvres, des chartes voient le jour, nous sommes dans le « plus jamais ça ! » après le scandale de Cambridge Analytica ».

Nous comprenons tous que les enjeux sont énormes, en mai 2019 50 % de la population mondiale sera connectée.

Nous savons que 300 de vos « j’aime » sur Twitter suffisent à établir votre portait psychologique de manière assez efficace et avec la montée en puissance du couple infernal Big Data/IA cela n’est pas près de s’arrêter. Dans les faits, le 21esiècle est déjà Orwelien, les services de renseignements se bousculent à la porte des géants du web et le lien NSA/GAFA est une réalité.

À l’inverse des réserves de pétrole qui s’épuisent, les gisements de donnée jaillissent sur tous les continents. D’un côté nous avons ce nouvel or noir qui pourrait générer 203 milliards de dollars d’ici 2020 (source IDC ) et de l’autre, une volonté de rendre « politiquement correcte » cette collecte d’information.

Que pouvons-nous penser de ces conférences à caractère « Éthiques » dans un lieu financé à plus de 50 % par des entreprises où les discours sur la démocratie et le sens du partage n’engagent que ceux qui les croient ? Cela nous renvoie à cette question : Que-ce qui est vrai au WebSummit ?

Le WebSummit est-il une expérience théâtrale ?

Sommes-nous vraiment obligés de passer par une séance de selfie avec les animateurs d’un stand aussi intéressants que la perte de votre première dent de lait pour échanger une carte de visite ? Devez-vous alimenter les réseaux sociaux en photos qui montrent le savoir-faire de votre dentiste ? Vous déguisez en étron pour distribuer des flyers vas t’il vous aider à capter l’attention des badauds ?

Nous avons parfois des doutes sur l’évolution de notre société et sur le pas qu’il reste à franchir pour sombrer dans l’abime. Sur le domaine de la représentativité le WebSummit c’est aussi la possibilité de croiser des acteurs qui ont séché les Cours Florent.

Cogito ergo sum... Mais pourquoi allons-nous au WebSummit ?

Avec un soft en développement et un modèle commercial qui se cherche, notre Web

Summit c’est :

– Les conférences et les workshops ;

– Prendre le pouls de l’évolution des services ;

– Voir d’autres startups et mesurer le chemin parcouru.

Éviter les pièges à mouches

Un décor léché, un éclairage parfois digne d’un studio hollywoodien et des goodies qui rivalisent d’inutilités, permettent-moi de vous présenter les stands des ténors du Web. Malgré le côté clinquant, vous allez toujours trouver un ingénieur passionné pour vous parler des solutions de son entreprise et surtout répondre à vos questions existentielles d’ordre techniques ou commerciales. Nous nous sommes laissé tenter, mais avons garder à l’esprit que tous on quelques choses à vendre de manière directe ou indirecte, le CQFD d’un salon allez-vous me dire ?

Rencontrer les Alphas

Quand on passe dans l’espace des Alphas, nous avons l’impression que le principe de l’homme Sandwich a été remis au gout du jour. Ces Startups se démènent pour faire connaitre leurs solutions de toutes les façons qui puissent exister, Les Alphas c’est de l’énergie à l’état pur avec des projets plus fous les uns que les autres en medtech, healtness, VR/RA...

Toujours dans un esprit d’ouverture ils vous expliquent ce qu’ils font, vous questionnent sur votre produit et apportent parfois un regard neuf sur votre problématique, en clair un véritable échange. Ne pas aller à leur rencontre serait un crime de lèse-majesté. :)

Les quatre conseils après ma première expérience :

1.   Même principe que la grande surface : ne jamais faire ses courses à jeun. L’application dédiée au WebSummit est une merveille, faites votre liste de courses avant de rentrer dans le grand magasin.

2.   Evacuer le risque de perdre du temps avec des exposants qui seront aussi utiles à votre projet que des cours de danse classique pour un lutteur grec.

3.   Si comme moi vous êtes un timide maladif fixer vous un objectif de rencontre et scanner les QR codes des personnes à qui vous parlez, oui ça se fait ce n’est pas considéré comme vulgaire ou intrusif.

4.   Souvent les bonnes rencontres se font dans les endroits les plus improbables. Pour profiter des évènements en marge du WebSummit l’application Evenbrite vous sera d’un bon secours https://www.eventbrite.co.uk. Il y a le jour et il y a la nuit, bref soyez polyvalent et n’hésitez pas à poursuivre les hostilités dans les Nights Summit.

Qu’est-ce que je retiens pour Prevn de cette édition ?

Le WebSummit 2018 revêt pour nous cet aspect « première fois », en cela il reste un moment aussi mémorable qu’utile. C’est l’occasion pour l’équipe d’évoluer dans un autre contexte, se confronter à l’autre et chercher la part de réel dans un salon qui en manque cruellement. La qualité de certaines conférences mérite à elles seules le déplacement, elles sont des ilots de sens au milieu des flots marketing qui dominent l’évènement.

Au-delà des remerciements de principe, je souligne le rôle clé joué par l’ADEC dans le soutien à la fois opérationnel et financier de cette opération par l’intermédiaire de Business France. En outre, cet évènement nous a permis de côtoyer des entreprises insulaires plus matures et créer de véritables échanges avec les entreprises issues de l’Incubateur Territorial Inizià et du Pôle Pépites de l’Université de Corse.